Le guide LEPERE de la voie de Tours (Paris, Chartres, Châteaudun, Tours) s'offre une nouvelle édition de juin 2011.
Vous avez votre propre expérience du camino et vous voulez la partager ? Nous sommes ravis de vous accueillir. Priorité à nos adhérents bien sûr, mais n'hésitez pas à nous solliciter.
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Jeudi 27/08/2009 - MERIGNAC/ANDERNOS
Départ : 7h30
Beau temps. Pas de difficulté majeure sur la piste en bon état. Vu un lièvre entre Salaunes et Saint Hélène.
Repas du midi : sandwich
Le soir: hébergement et repas dans la famille à Andernos.
Compostage de la Crédencial à l'Hôtel de Ville de LEGE CAP FERRET.
Vendredi 28/09/2009 - ANDERNOS/BISCARROSSE Plage
Départ 8h45
Ciel couvert; il fait frais; on supporte une veste de survêtement jusqu'à 9/10h de même que les jours suivants.
Vent de face; nombreux STOP à partir de BIGANOS; forte montée sur la piste du Pyla (mise pied à terre), averse vers midi (durée 30mn environ),il n'a plus plu de toute la journée. Les ronciers sont garnis de mûres (dégustation gratuite). Rencontre avec un couple de Hollandais qui compte arriver mi-septembre à Saint Jacques de Compostelle ( difficile de retenir leur nom de famille) A LE TECH il n'est pas facile de trouver la piste pour LA TESTE DE BUSCH (s'adresser à l'Office du Tourisme).
Restauration : à midi, sandwich; privilégier l'achat chez un artisan boulanger que l'on trouve facilement dans les villes traversées; on trouve également des étals de fruits. Repas du soir dans un restaurant pour un prix raisonnable (entre 9 et 15 euros)
Hébergement en chambre d'hôtes à BISACARROSSE Plage.
Compostage de la Crédencial à l'Hôtel de Ville de BISCARROSSE Plage.

Samedi 29/09/2009 - BISCARROSSE plage/LIT ET MIXE.
Départ : 8h20
Beau temps frais; dans la journée la température augmente. La chaleur est atténuée par les frondaisons (résineux et feuillus). Parcours difficile, piste très étroite et en très mauvais état entre MIMIZAN et LIT ET MIXE. Avant, belle piste entre BISCARROSSE VILLE ET PARENTIS (un vrai billard). Très jolis bords des étangs de BISCARROSSE et PARENTIS ainsi que celui d'AUREILHAN; vu biche dans la forêt de MIMIZAN (joli bête mais farouche).
Hébergement à LIT ET MIXE au Camping à la ferme Lesalle (refuge jacquaire) en caravane; 10€ une nuitée petit déjeuner compris. Accueil chaleureux; repas du soir préparé exceptionnellement par Mme Barbasse responsable du camping ; prix du repas au bon vouloir du pèlerin.
Visa de la crédencial par le Relais Paroissial LIT ET MIXE (40170)


Dimanche 30/8/2009 - LIT et MIXE/CAPBRETON
Départ : 8h45
Très mauvais état de la piste jusqu'à Saint Girons plage; ça s'arrange après. Les pistes cyclables dans cette partie des Landes sont loin d'être plates ; elles franchissent de nombreuses dunes et la difficulté est accrue par le mauvais état de la piste (étroitesse, nids de poule et ornières).
Incidents de parcours : crevaison au départ (une épine de roncier), déraillage de chaîne avant CAPBRETON.
A midi, sandwich acheté à LEON et mangé sur la place ombragée de la Mairie en face de l'église. Rencontre avec un habitant de SAINT PAUL les DAX, ville qui voit passer des Pèlerins de toutes nationalités. Nous avons abordé la question des hébergements jacquaires pas toujours suffisants dans la région et l'éventualité de la création d'une chambre d'hôte dans une dépendance de sa maison.
Hébergement à CAPBRETON : chambre d'hôte chez l'habitant, bon accueil et appartement impeccable.
Visa de la crédencial par Mme MALLET accueillant les pèlerins à l'année.

Lundi 31/08/2009 - CAPBRETON/BAYONNE.
Départ : 9h30
Etape courte : 20 km environ ; choix délibéré du trajet par RD 452 et N 10 ; présence de grands panneaux jacquaires sur la nationale ( voir photos ). Belles côtes ! Mis pied à terre plusieurs fois . Revu le couple de Hollandais à l'office de tourisme de BAYONNE. Cathédrale style gothique ( du XIII éme au XIX ème siècle ) ; Cloître ( gothique à partir du XIII ème siècle ). Cathédrale fermée entre 11h45 et 15h . Repas au pied de la cathédrale avant le retour en T.E.R Bayonne - Bordeaux . Dans la gare de Bayonne aide du personnel de la SNCF pour monter le vélo dans le train. A Bordeaux, aide spontanée de jeunes voyageurs pour descendre le vélo. Fin du périple: Bordeaux Saint Jean ... Mérignac en bicyclette.
Visa de la crédencial par le Cloître de la Cathédrale.
Robert Sanchez


Témoignage d'André-Marie, parti sur le chemin du 17 avril 2007 et revenu le 12 Juin 2007
Le 17 avril, j'ai pris l'avion à Bordeaux pour Lyon, et là, une première aventure: Mon sac qui pesait 10,9 kg à la maison, pesait déjà 13,8 kg à l'aéroport.J'ai dû renvoyé 3kgs par la poste. Je suis arrivé le soir au Puy, à la maison Saint-François, tenue par des religieuses qui s'occupent de jeunes en réinsertion. L'accueil y est très sobre, très frugal.
Le lendemain matin, pendant la bénédiction de 7h, en petite chemisette dans la cathédrale, je m'aperçois que je n'ai pas de polaire alors qu'il fait un froid de canard. Je me rends alors chez un marchand qui vend à 300e des polaires que l'on peut acheter à 50e chez Dâ€..Il a accepté de me la vendre à ce prix là.
Je suis reparti seul, puis j'ai été rejoint par André, Sylvain .Nous avons marché ensemble pratiquement jusqu'à Santiago.
La région de l'Aubrac est superbe avec 37°au soleil plus les jonquilles et les violettes c'est magnifique, il faut le faire, c'est vraiment exceptionnel. 10 jours déjà depuis le départ.
Bon accueil sur la partie française, Certains gîtes sont plus propres que d'autres, mais dans l'ensemble, c'est correct. Beaucoup de solidarité entre pèlerins. Ce qu'on peut regretter, c'est qu'il y a beaucoup de randonneurs pendant les vacances scolaires.. L'esprit pèlerin n'est présent que pour ceux qui partent du Puy, j'ai rencontré des pèlerins qui revenaient une deuxième fois et qui étaient un peu déçus.

Une émotion très forte à Conques.
Là, j´ai participé à la bénédiction des pèlerins, pendant laquelle le sentiment que j´ai ressenti a été très fort. Après la bénédiction, nous nous sommes promenés dans l´abbatiale plus d´une demi-heure, accompagné par l´orgue. OUI, c´était vraiment un moment très fort .Devant la statue de Saint-jacques, je lui ai parlé et je me suis mis à pleurer. Je me suis agenouillé devant La Vierge et là, mon pèlerinage est devenu spirituel, j´ai su que j´irai jusqu´au bout.
L´arrivée en Espagne
Saint Jean Pied de Port, le samedi de l´Ascension, Partis à 7h30, nous étions entre 150 à 200 pélerins, des brésiliens, coréens... la montée sous la pluie et le vent, le brouillard jusqu'à Orrisson.J'ai trouvé celà très dur !!!Nous avions réservé à Orisson, ce qui nous a permis de couper l´étape. Le lendemain le départ d´Orisson, est exceptionnel, à 6h30 du matin, il y avait du soleil, tout Saint Jean Pied de Port était dans les nuages. A 6h31 du brouillard !, à 6h32 du soleil!, nous sommes montés jusqu´à la Vierge sous un temps superbe, en tee-shirt mais au niveau du col, un vent fort, de la grêle, de l´orage. Après une pause déjeuner ,nous avons continué jusqu'à Burgette où nous avons dormi dans une casa rurale.


Des rencontres exceptionnelles
L´étape Burgette à Larrasoana, a été l´étape la plus forte que j´ai vécu; j´ai vu un pèlerin avec le drapeau breton. En réalité, nous étions à l´école dans la même classe il y a 45 ans! c´est super, on s´est retrouvé le soir. Il est parti de chez lui en Bretagne dans les Côtes d´Armor.J´ai aussi fait une autre rencontre: Lors de mon entraînement fin mars, entre Lectoure et Aire sur l'Adour j'ai rencontré un pèlerin, un médecin de l´Ariège, dont l´épouse était décédée depuis 3 semaines, pour moi il partait mourir sur le chemin. Pas d´argent, Une seule paire de chaussures, 1 pantalon en velours, un grand bourdon,une veste de chasse, pas de papiers .Avant d´arrivée à Larrasoana, au niveau d´une carrière de magnésite, je vois un pèlerin de loin, c´était Didier, il avait fini son chemin et rentrait amaigri, sa veste de chasse en lambeaux, ses mains remplies de mycoses. Il allait écrire un livre. Je ne pensais pas le retrouver, çà m´a fait vraiment quelque chose. Il s´est mis à pleurer, c´était vraiment très fort, cet échange là. Il n´a pas voulu me donner ses coordonnées.
Et des petits désagréments
Beaucoup de belles rencontres, donc, malheureusement entachées par deux petits incidents: Une italienne qui, avant Portomarin, a été mordu par un chien, obligée de se faire rapatrier en Italie. Puis la veille de notre arrivée à Santiago à Monte do Gozo, un pèlerin est tombé de son lit sans barreaux, s´est cassé la hanche et a dû être transporté à l´hôpital. Cela a un peu gâché notre arrivée.

Le chemin c'est que du bonheur
Difficile de traduire tout les moments forts que j'ai vécu, je tiens à remercier tous ceux qui m'ont aidé à l'association des Amis de Saint-Jacques de Compostelle en Aquitaine. J'ai fait beaucoup de préparation, des marches. Mais avec un bon mental, on arrive !!!!
Le budget par jour: En France, compter entre 25 -30 Euros en demi pension. Côté espagnol pour la nuit entre 5 et 7e, le dîner menu pélégrino à 8 Euros
Spiritualité pèlerine Sur le chemin, je n'ai jamais autant prié de ma vie, surtout dans les difficultés. J'avais vraiment le sentiment que je n'étais pas seul sur le chemin. Il y a quelqu'un au dessus. Depuis que je suis rentré je marche et je n'ai pas retrouvé cette sensation. Je parlais tous les jours à mes parents
L'arrivée à Santiago. Une émotion très forte en apercevant les flèches de la Cathédrale, et un énorme bonheur en entrant dans ce sanctuaire, j'ai prié et suis tombé en larmes. Merci St Jacques de m'avoir donné la force, le courage, et la santé d'avoir pu réaliser ce pèlerinage.
Le retour J'y pense tous les jours, je repartirais c'est certain .


Témoignage d'Annie
Dimanche 7 août 2011, vers 15h André et moi-même partons faire un tour de vélo sur les pistes cyclables de CESTAS. Partis de Gazinet nous nous dirigeons vers Cestas bourg.
Après avoir passé le rond point du collège, nous arrivons à hauteur d’un spectacle insolite pour les promeneurs et cyclistes, mais pas pour nous.
Nous sommes membres de l’association des amis de St Jacques de Compostelle au Bouscat et nous reconnaissons là une pèlerine marchant au côté de son âne chargé du matériel et des vivres.
Nous l'accompagnons, pied à terre jusqu'à un centre équestre . Les fers des sabots de l’âne qui est en réalité un bardot ont besoin d’une petite révision.
Bertha verra le maréchal ferrant demain matin à 7h30. En attendant, il lui est permis de brouter l'herbe du pré et de se reposer comme sa maîtresse. Merci au propriétaire des lieux.
Marcher ensemble est l'occasion de faire connaissance. Peggy est Belge. Elle a démarré la voie de Tours à Chartres et se dirige vers St Jean Pied de Port à raison d'une vingtaine de kms par jour. Mais marcher avec un âne est plus compliqué. Il faut prendre les petits chemins en évitant routes et autoroutes. Peggy se dirige avec des cartes au 1/25000ème, Blaye, Lamarque, Margaux, Arsac, le Pian Médoc, Martignas, St jean d’Illac,Beutre, Gazinet, Cestas... Elle ne trouvera pas toujours un accueil débordant. Vers l'aéroport de Mérignac, notre âne n’a pu éviter le bruit de la patrouille de France qui lui a filé la trouille. Et puis il faut l'hébergement adéquat, c'est-à-dire un pré où attacher le bardot et planter la tente. Pourtant, il vous tond l’herbe et vous l'engraisse gratos !
Nous promettons à Peggy de revenir lundi matin avec pain croissant pour l'une et pain dur carottes pour l'autre.


Le lendemain, Bertha est équipée tout de neuf. Le maréchal ferrant refusera tout paiement. Peggy est touchée par le geste du jeune homme.
Sans rien dire à Peggy, j'avais pris mon sac à dos, mes chaussures de marche et le casse-croûte afin de lui proposer de faire l'étape Cestas Le Barp ensemble, ce qu'elle a accepté avec plaisir me semble t-il.
A la vitesse du bardot, c'est-à-dire 3km à l'heure, nous allons à travers bois et petites routes jusqu'au Barp. Le balisage est impeccable. Bertha prend sa ration d'herbe fraîche et de fleurs en chemin, mais la terre des Landes n'est pas toujours généreuse.
Nous échangeons beaucoup, sacrée expérience aux portes de notre lieu de vie. Et marcher avec un âne n'est pas banal. Bertha attire le regard, les voitures ralentissent, les gens nous font signe de la main, les enfants s'approchent. Le contact est plus facile.
A midi, nous téléphonons à la mairie du Barp. Bon accueil, pas de problème pour un coin d'herbe et monter la tente. Merci à Jean Lou qui m'a transmis la liste des hébergements jusqu'à St jean pied de port par e- mail le dimanche soir. J'ai donné également à Peggy un dépliant de notre association et les adresses des amis de St jacques dans les Landes et les Pyrénées Atlantique. Je l'ai renseignée sur les guides qu'elle pouvait trouver en librairie.
Au refuge du Barp, nous trouvons une pèlerine qui a démarré le chemin ce matin de Gradignan. André est venu me chercher. Nous buvons un coup tous ensemble. Nous nous séparons non sans un pincement au coeur. Nous reverrons-nous un jour ?
Jeudi 25, nous venons de recevoir une carte venant de St Jean Pied de Port. Peggy et Bertha sont arrivées le 21 août après avoir parcouru 915km.
Peggy nous remercie pour l'aide et l'accompagnement. Elle nous avait dit que lorsqu'on en a besoin , on croise toujours quelqu'un qui nous vient en aide. C’est là tout le mystère du chemin.
Et pour nous, pas besoin d'aller loin pour vivre pleinement l'esprit du chemin.
PS: si des pèlerins traversent notre commune, nous pouvons être éventuellement un relais.


Mon cheminement sur le chemin de St Jacques (12 jours début octobre 2011, de St Jean Pied-de-Port à Burgos, donc tout petit cheminement...) s’est bien passé, c’était ma première incursion sur le Camino Frances en Espagne. Grand beau temps et pas l'ombre du moindre pépin physique (merci St Jacques ! il faut dire que j'avais aussi fait de la montagne durant une partie de l'été), et pas trop de monde (refuges jamais pleins sauf à San Juan de Ortega)..
J'avais fait, en juillet 2008, le tronçon de mon domicile de Mérignac à St Jean pied de Port (sur la voie de Tours) dans la plus totale solitude jusqu'à St-Palais, situation que j'avais finalement appréciée notamment tout au long de la traversée de la forêt des Landes.
Cette fois-ci, je suis allé de St Jean Pied-de-Port (parti le 30 septembre 2011) à Burgos (arrivé le 11 octobre 2011 ) soit 12 jours, j'aurais continué plus loin mais il fallait que je sois rentré pour le week-end du 15-16 octobre (... pour un stage d’animateur de randonnée... donc toujours la marche qui me poursuit !). Aussi je n'ai pas cherché à avancer très vite (25 km par jour en moyenne) et j'ai ainsi pris le temps de visiter avec soin le riche patrimoine présent au bord du chemin ; par exemple, le troisième jour quand je suis arrivé à Pampelune après 14 km, j’ai trouvé la ville tellement belle... que je m'y suis arrêté pour la nuit (sans compter que le refuge des pèlerins est installé dans un endroit sublime). Et je suis allé de merveilles en merveilles : Irache, Puente La Reina, Los Arcos, Santo Domingo avec le final éblouissant de Burgos, c’est émouvant de voir ce que la foi de nos ancêtres a pu créer.

J'ai aussi pris mon temps car parlant convenablement espagnol, j'ai eu l’occasion de bavarder avec de nombreux riverains par exemple avec des vignerons de la Rioja en pleines vendanges, voire de me faire inviter à prendre le café...J'ai trouvé les riverains des petits villages fort respectueux vis à vis des pèlerins et pas blasés du tout, même s'ils en voient passer 200 ou plus par jour ('Buen Camino', 'El Camino esta por aqui', etc...), mais les pèlerins ne le leur rendent pas toujours si l'on en juge les papiers et détritus qui jonchent certains endroits au bord du Chemin, là c'est une honte, mais il paraît qu'il n’y a pas que les pèlerins qui fréquentent le chemin (il y a aussi 'les promeneurs du dimanche' mais les pèlerins sont-ils au dessus de tout soupçon ?). J'ai été surpris par l'origine très lointaine de certains pèlerins : Corée, Brésil, Japon, Canada, Australie… manifestement c'est la motivation religieuse qui les guide.
Et sans oublier l'ambiance fraternelle qui règne (cela m'a changé de la solitude des Landes où mes seuls compagnons étaient les pins et les chevreuils... et moi-même!!) avec de belles rencontres soit fugaces au gré des chassés croisés ou plus prolongées (tel ce couple de jeunes : lui de la Corogne, elle du Chili, dormant souvent sans rechigner à la belle étoile...) mais tout le monde doit avoir ce ressenti et je ne suis pas bien original en précisant cela!. Ce tronçon ainsi effectué me permettra l'an prochain (en espérant être aussi en forme), de repartir de Burgos pour terminer à Santiago sans 'abandonner' trop longtemps mon épouse...


Rencontre
De bon matin après Santo Domingo La Calzada je m'écartai un peu du Chemin qui suivait la RN 120 et ses camions de trop près à mon goût. A l'entrée d'un petit village (hors Chemin donc) je rattrapai un homme solitaire qui promenait son chien : il m'invita à prendre un café chez lui dans ce village...il me grilla aussi 2 tranches de pain qu'il recouvrit d’huile d’olive et de sucre (bien meilleur pour la santé que le beurre me dit-il fort justement)...
...Nous bavardâmes ensuite plus d'une demi-heure' notamment de la difficile situation de l'Espagne écrasée par la crise, de son village qui comptait moins de 10 habitants, de son travail de photographe...)
Puis il me raccompagna jusqu'à ce que je me retrouve sur le Chemin.
Puis il retourna chez lui avec son chien...
Tout simplement!

Marcello
On l'appellera Marcello...
Quand j'ai rejoint Marcello, il respirait très difficilement (problèmes pulmonaires depuis longtemps me confirma-t'il...) et il avançait lentement...
Mais lors de la montée de la côte faite avec lui' son optimisme et son sourire m'ont montré que Santiago, il l'avait dans sa tête et qu'il y arriverait un jour...
Réflexions personnelles :
Le Chemin n'a pas été seulement que les rencontres avec les Pèlerins, la démarche intérieure ou l'admiration du Patrimoine ancien (même si de ce côté-là j'en ai pris plein les yeux...). Je pense aussi que le Chemin traverse un pays réel qui existe : ainsi, il suit parfois la route 120 et ses camions, traverse une usine de magnésium (Larasoana), passe sous des éoliennes (Sierra del Perdon) , longe les vignes de la Rioja et ses caves etc...etc.... Un pays aux prises à de graves difficultés : ainsi les discussions avec les autochtones et la lecture des journaux locaux lors des petits déjeuners dans les bars ne m'ont pas incité à l'optimisme ( par exemple 80000 chômeurs de plus en août, partout des panneaux immobiliers 'à vendre', mais aussi un pays avec ses passions (ah le foot, quel échappatoire dans les têtes!!!) sans parler de la corrida même si j'ai discuté avec un pèlerin espagnol très opposé à cette'tradition cruelle' ('Comme moi, il y en a plus que tu ne croies')... Sans doute que ma pratique correcte de l'espagnol m'a un peu plus 'branché' dans cette direction que d'autres...'
Roger Valadié


J'ai commencé mon chemin en 2010 au Puy en Velay et après plusieurs semaines de marche, je suis arrivé à Pampelune, d'où je compte repartir cette année, espérant enfin atteindre Santiago.
Après avoir traversé le Massif Central, il m'est arrivé de m'écarter de l'itinéraire 'officiel ' poussé par l'envie de découvrir un monument ou d'admirer un site particulier.
Au cours de ces détours, longs parfois de plusieurs kilomètres, je suis passé par des localités où l'on ne voit guère de pèlerins. aussi si ma présence a pu susciter une certaine curiosité, j'ai été profondément touché de la gentillesse et de la bienveillance qui ont pu m'être manifestées en diverses occasions, certaines personnes n'hésitant pas à m'accueillir à leur table. Il est ainsi des moments de chaleur humaine et de fraternité que l'on ne peut oublier.
Témoignage recueilli par Jean-Jacques Ragot


Pourquoi? Lorsque en 1998 je suis revenu de Santiago je ne me doutais pas de ce qui m'attendais, je ne pensais pas que 10 ans plus tard je serai toujours sur les chemins,avec mon sac certes puisque j'ai refais le chemin mais surtout par l'esprit. Cet esprit qui est en moi au départ et ne me quitte plus même au retour,je l'ai trouvé en mettant mes pas dans ceux de milliers de pèlerins et ne peut ni ne veut m'en défaire et c'est par ce biais que j'ai compris qu'il fallait que je rende avec mes modestes possibilités tout ce que j'avais compris du chemin, tout ce qui m'avait été donné de voir, de comprendre, de recevoir, de donner. Comment rendre tout cela si ce n'est en se mettant au service du pèlerin en tant qu'hospitalier, alors je suis venu à St Jean Pied de Port puis à St Vincent l'Espinasse près de Moissac puis Saint Palais et je recommence chaque année car c'est aussi faire un autre chemin que d'être hospitalier et s'y sentir bien.

Comment ? D'un gîte à l'autre la fonction d'hospitalier est différente mais la base de fonctionnement est la même: accueil, enregistrement, renseignements, repas, ménage, etc..cela varie si je suis hospitalier en gîte privé ou pas ou si je suis accueillant. La fonction ne consiste pas à prendre une inscription, donner un lit et 'basta', non il faut renseigner, aider, faire partie intégrante du chemin du pèlerin et cela sans s'immiscer dans le sien.
Les journées sont parfois longues et fatigantes, le matin il faut être debout très tôt pour préparer le petit déjeuner, sourire au pèlerin qui parfois a mal dormi, l'accompagner un bout de route si cela est possible et revenir au gîte secouer celui qui traine car pour lui aussi la journée sera dure.
Une fois ce petit monde parti, c'est le ménage qui commence!! tâche répétitive, peu gratifiante mais quelle satisfaction lorsque le pèlerin qui arrive s'exclame: 'qu'il est bon d'être ici dans un endroit propre' oui cela est peu mais me mets du
baume au coeur. Il faut savoir que c'est tous les jours que je passe plusieurs heures au nettoyage et cela va du dortoir à la cuisine en passant par les douches et les toilettes qu'il faut parfois déboucher. Et la journée continue avec ces arrivées de pèlerins et les fonctions qui s'y rattachent: inscription, lit,etc...mais surtout il faut prendre soin du pèlerin, je veux dire être à l'écoute car il parfois passé une dure journée et il a besoin de s'exprimer que quelqu'un l'entende et surtout le comprenne, le moral du lendemain n'en sera que meilleur s'il a été bien accueilli.
Bref, je tente de veiller à une bonne harmonie entre hospitalier et pèlerin, du respect de tous et de chacun dépend le bon fonctionnement du gîte. Il faut savoir écouter et satisfaire son monde sans stresser. Et c'est vers 23 heures quand tout le monde est couché et après ma tournée que je prends soin de moi,c'est à dire dormir jusqu'à 6 heures mais il faut se rendre à l'évidence la journée a été dure, comme la précédente et comme la suivante.


A St Jean PdP cela est différent je ne suis plus hospitalier mais accueillant, cela parce que tout en étant toujours près du pèlerin il n'y a pas de nettoyage ni de repas hormis le nettoyage de l'accueil et les repas des accueillants et pour cela nous sommes plusieurs. Mais le 'travail' d'accueillant est tellement prenant qu'il faut être un groupe, nous sommes 4 à St Jean et c'est tous les jours des dizaines de pèlerins et touristes (pèlerin en devenir)que nous recevons leur nombre peut aller jusqu'à 300.
La fonction d'accueillant est là plus poussée car il faut en plus donner des informations sur la traversée des Pyrénées: gîtes, difficultés du chemin, points d'eau, météo,conseils sur le poids du sac qu'il faut parfois alléger mais aussi donner des renseignements sur les étapes qui suivent, mais surtout être à l'écoute du pèlerin comme il est à la mienne et le sécuriser. Beaucoup commencent le chemin à St Jean PdP il faut les
déstresser du voyage car certains arrivent d'autres continents, d'autres des pays d'Europe centrale et de l'Est et nous sommes là pour qu'ils démarrent bien leur chemin.
Vers 22 heures fermeture, trésorerie puis je pense à me coucher, j'ai plus de 15 heures d'accueil et de présence et le lendemain à 7 h30 j'ouvre la porte avec le sourire pour dire au revoir aux pèlerins qui passent et l'accueil est ouvert. Une autre journée commence.

L'esprit Oui c'est cela la fonction d'un hospitalier ou d'un accueillant mais ce qui compte davantage que ce que j'ai écris c'est l'esprit.Cet esprit qui se traduit par une bonne atmosphère ,un bon accueil, un intérêt réciproque, une écoute sincère et d'une multitude de petits gestes qui se traduisent par la satisfaction du pèlerin.
Il y aura toujours des critiques mais aussi des remerciements et quel qu'ils soient je continuerai à servir mon prochain. Quel est le besoin, la force, pour agir ainsi? Les services reçus sont tels que j'éprouve le besoin de rendre et c'est aussi une autre façon de faire mon chemin sans mon sac à dos et par de là le monde.
Pèlerins, qui que vous soyez, oû que vous soyez respectez les lieux qui vous accueillent et ceux qui s'y trouvent vous contribuerez à en perdurer l'esprit.
Il est des jours oû on se fuit, il est des jours on se cherche...par une action de vouloir, d'humilité et de courage, NOUS, marcheurs devenons pèlerins.
Guy Perrollaz


Le printemps était déjà bien avancé quand, le premier jour, j'ai quitté la petite localité de Mons aux confins de la Gironde pour entreprendre la longue traversée des Landes. Les Landes ! A mon tour, je vais être confronté à cette épreuve tant redoutée jadis par les Jacquets. Dans ces terres de solitude qui ne manquent pourtant pas de charme, les possibilités de ravitaillement sont rares et le chemin parait bien long au pèlerin, aussi l'accueil à l'étape est particulièrement le bienvenu avec une mention spéciale pour Isabelle IGURBIDE à Viellenave sur Bidouze.

Quelques jours plus tard, les Pyrénées franchies, je découvre qu'à Roncevaux, l'austère refuge a été complètement rénové : des petits box ont été aménagés, tout est propre, net ; par ailleurs, durant tout mon voyage, jamais je ne serai confronté au problème des 'punaises' que les espagnols ont semble-t-il, résolu de manière radicale (en est-il de même en France ?)
Dans les semaines qui suivent, je poursuis ma route, faisant provision d'amitié et parfois d'émotion. Très vite, le découpage des étapes n'est plus systématiquement pré-établi, je m'arrête ou décide de pousser plus loin selon mon envie.


Parmi mes coups de coeur, je voudrais citer l'auberge de pèlerins de Redecilla del Camino dont j'apprécie les repas appétissants et réparateurs, et qui plus est, en donativo. Comment oublier aussi celle de Villar de Mazariffe située sur la voie secondaire dite Calzada de los peregrinos entre Leon et Hospital de Orbigo, alors que j'avais délaissé l'itinéraire historique trop proche de la route et de ses camions, où nous avons pu assister à une 'queimada' et déguster ce délicieux breuvage. Mais c'est sans doute à la Faba dans la montée du Cebreiro que l'esprit 'pèlerin' aura été le plus présent ; dans ce petit refuge, tenu par des moines franciscains qui pratiquent encore l'usage du lavement des pieds, tout n'est que calme et sérénité.

L'avant-dernier jour, je dormirai dans le très confortable refuge d'O Pedruzo avant d'accomplir les vingt derniers kilomètres me séparant de Santiago et touchant au but, je connais cette joie que tant d'autres ont éprouvé ou éprouveront après moi, quand bien même les travaux de réfection empêchent pour le moment, d'accéder au portail de la Gloire.
Printemps 2011


En mai 2005, parti de Séville en compagnie de Jacques un ami Montalbanais, j'ai cheminé sur la Via De La Plata, les circonstances (une blessure au pied droit), m'ont conduit à m'arrêter à Canaveral... (km350)
En mai 2006, avec mon épouse Danielle, retour à Canaveral pour cheminer jusqu'à Granja de Moreruela. (km 638). Lieu de bifurcation sur le chemin Mozarabe.
En 2007, nous sommes repartis de Granja pour terminer ce pèlerinage. Nous avons rejoint Santiago le 14 septembre (km 1010) c'était la seconde fois, mais l'émotion était intacte !

Un petit retour sur 2005 pour vous dire la richesse du chemin...
Avec Jacques, nous avons côtoyé une douzaine de pèlerins (Espagnols, Allemands, Hongrois, Suisse)...
Mais surtout, les 'Smith' trois frères Australiens chaleureux et conviviaux sous leurs chapeaux de broussards.
Une relation s'est établie entre-nous et perdure à travers la 'Poste' et le net...
Ainsi, si vous vous rendez sur le site 'Brésilien Caminho de Santiago de Compostela' Voir le site vous pourrez trouver les albums de photos que les pèlerins y déposent.
Celui de notre ami Mike Smith y figure en bonne place. (Buscar : Mike Smith)


La marche sur le chemin, dans sa diversité, et dans son universalité est toujours une source de rencontres, de partage et d'amitié.
Les voeux 2009 parvenus de Sydney, s'il en était besoin en apportent la preuve...
Alain et Danielle Puysségur
